DÉFINITION de la Santé Environnementale.

Selon la définition proposée par le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1994 lors de la conférence d’Helsinki,
« la santé environnementale (environmental health) comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures ».

Il s’agit donc à la fois d’une pratique et d’une science dont les frontières s’avèrent extrêmement difficiles à délimiter tant les domaines couverts sont potentiellement vastes et susceptibles d’interférer les uns avec les autres. De surcroît, selon que l’on privilégie une entrée sanitaire -donc santé publique- ou une entrée environnementale -au sens du développement durable- la terminologie et sa connotation peuvent varier sensiblement. Il n’est pas anodin de constater la difficulté à qualifier cette notion d’environmental health en français : santé-environnement, environnement-santé, santé environnementale voire hygiène de l’environnement selon les traductions officielles pourtant récentes de l’OMS.

La définition de la santé

 Adoptée par l’OMS en 1946, elle indique que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».
Plus récemment la charte d’Ottawa du 21 novembre 1986 adoptée par les deux bureaux de l’OMS Europe -promotion de la santé et environnement- mentionne que « la santé constitue la mesure dans laquelle un individu ou un groupe est apte à réaliser ses aspirations et à satisfaire ses besoins et d’autre part à s’adapter à son environnement et à le modifier ». Si cette approche globale a le mérite d’intégrer les composantes sociales et psychologiques de la santé, il est à l’évidence difficile de préciser les caractéristiques objectives d’un état de « complet bien-être » que certains auteurs ont critiqué comme pouvant être assimilé à la définition du bonheur. Plus pragmatiquement, chacun reconnaît que la santé est influencée par de nombreux déterminants interdépendants : des facteurs individuels génétiques (hérédité) et biologiques (vieillissement), sociaux-économiques (activités professionnelles, revenus, logement, etc.) et culturels ; des facteurs environnementaux (chimiques, physiques, biologiques) ; des facteurs comportementaux (nutrition, activités physiques, tabagisme, etc.) ; l’accessibilité et la qualité des services de santé, etc. La combinaison de ces déterminants explique par exemple que les réactions à une même exposition (de substance toxique, de rayonnement, etc.) puissent varier énormément d’un individu à un autre.

 

La notion d’environnement

 Rapportée à la santé, cette notion peut varier selon les interlocuteurs et les points de vue.
D’un strict point de vue médical et en référence à une citation d’A. Einstein « l’environnement, c’est tout ce qui n’est pas moi », les facteurs environnementaux à l’origine des maladies sont tous ceux qui ne sont pas génétiques. On peut cependant nuancer cette affirmation, dans la mesure où, si l’on raisonne sur un pas de temps suffisamment long, on peut considérer que le patrimoine génétique actuel est influencé par les conditions environnementales passées du fait des mutations et de la sélection naturelle, soit plus globalement du processus d’évolution. Dans un sens assez généralement admis pour la santé environnementale, la notion d’environnement renvoie à nos milieux de vie (domestique, naturel ou professionnel) et l’approche courante écarte de la catégorie environnementale ce qui relève de l’exposition volontaire et du comportement individuel (par exemple le tabagisme actif, la consommation d’alcool ou les comportements alimentaires). C’est cette acception qui a été retenue par la Commission d’orientation du plan national santé- environnement dans son rapport de février 2004. Toutefois, selon les sources ou les auteurs, d’autres facteurs peuvent entrer ou non dans la catégorie des causes environnementales. Il s’agit par exemple des accidents (de la route, domestique, etc.), et pour partie des violences (criminalité, effets « indirects » des guerres, etc.). Ces facteurs sont notamment pris en compte par l’OMS dans ses estimations de la composante environnementale des problèmes sanitaires globaux. Certains travaux (par ex OCDE), optent à l’opposé pour une approche plus réductrice en écartant les risques pour la santé au travail des facteurs environnementaux. Ces indications, et les divergences d’approche qui subsistent dans la définition des catégories de causes environnementales influant sur la santé permettent d’éclairer, au moins en partie, le fait que les tentatives d’estimations du poids sanitaire des atteintes à l’environnement divergent autant selon les sources considérées.

Une des caractéristiques essentielles de la pratique en santé environnementale (et aussi une de ses richesses) est qu’elle fait appel à de nombreuses disciplines scientifiques (toxicologie, métrologie, médecine, épidémiologie, biostatistiques, biomathématiques, géographie, sociologie, économie, etc.) et qu’elle nécessite la mobilisation d’équipes pluridisciplinaires. 

 
 
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